FCG Live
  • Coup d'envoi à 18h30 samedi 20 septembre au Stade des Alpes
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Itinéraire d'un enfant pas forcément gâté

FCGJames est le plus irlandais des joueurs français du FCG, ou peut être l'inverse ? Arrivé au club il y a maintenant 3 ans, le vilain petit canard s'est mué en un cygne redoutable qui s'affirme sur tous les terrains du Top14. Rencontre avec la jeune pépite du FCG.

 

James est né en 1991 d'une mère française et d'un père irlandais. Il grandi à Dublin, où il commence le rugby à 6 ans dans le club de son quartier Clontarf. « Je dois avouer que je n'ai pas trop aimé mes débuts au rugby et que je me suis mis au foot. Dès que nous finissions l'école, nous posions nos cartables et on jouait toute la journée. J'étais un fan inconditionnel de Zinedine Zidane. Mais mon père voulait absolument que je joue au rugby. Il voulait que je grandisse dans les valeurs de ce sport. En Irlande les grandes écoles de rugby de Dublin ont une très grande notoriété. À 10 ans le foot était le samedi et le rugby le dimanche, je pouvais donc faire les deux. Je suis naturellement retourné jouer au rugby. À 13 ans j'ai intégré Belvedere College, une des 6 grandes écoles du Leinster. On vivait rugby du lundi au vendredi, je suis alors complètement tombé dedans ».

 

À 16 ans en Irlande les jeunes ont une année que l'on appelle de transition. James ne pouvant directement postuler à une place de titulaire en équipe 1 (principalement composée des terminales du lycée), il décide de rejoindre ses grands parents qui vivent à Toulouse et intègre l'équipe cadet de Stade. « C'est incroyable, quand je regarde les joueurs qui étaient avec moi (Bézy, Doussain, Barraque, Galan, Julien...), c'était une génération de fou. On gagnait tous nos matchs avec plus de 50 points. J'ai passé une super année là-bas. J'étais interne et j'étais là pour améliorer mon français, mais j'étais souvent tôt au stade pour regarder l'équipe pro s'entraîner. Je passais des heures à admirer Elissalde et Kelleher derrière le grillage du terrain annexe ».

 

Quand il revient en Irlande, James franchi mentalement un cap et décide de tout faire pour réussir dans le rugby. Il commence à s'entraîner comme un fou et devient une sorte de petit Wilkinson, ne ratant pas un jour de tir au but, qu'il pleuve ou qu'il vente. Il intègre le Leinster et pendant 3 ans (-18, -19, -20 ans) il engrange les titres. Mais, alors qu'il est en stage avec l'équipe nationale des -20 ans et que sa carrière semble toute tracée, il n'est pas sélectionné pour jouer les matchs internationaux. Cette non-sélection lui ferme dans le même temps les portes de l'académie du Leinster.

 

« Mon rêve volait en éclat »

 

« Ça a été une énorme déception. Un coup d'arrêt. Mon rêve volait en éclat. J'ai donc recommencé à jouer dans mon club de quartier où Bernard Jackman était alors entraîneur. L'été suivant je reçois un coup de fil de Bernard qui me dit qu'il participe à la préparation du FCG et qui me demande de lui faire une vidéo de mes matchs pour la présenter au FCG. Quelques semaines plus tard je débarque à Grenoble. Mais je n'avais pas trop compris le statut que j'avais. Je ne comprenais pas ce qu'était « la pépinière », « le centre de formation »... Je me suis rendu compte que d'une certaine façon je reprenais tout à zéro. J'avais l'impression que tout mon parcours en Irlande n'existait pas, mais j'ai pris ça comme une chance. Je pouvais prouver mon niveau sur mes prestations du moment. Les débuts ont été difficiles, mais ensuite tout s'est enclenché très vite. Un an plus tard je fais mon premier match avec les pros à Lesdiguières contre les London Welsh avec 10 cm de neige sur le terrain. C'était un match affreux, terrible, que des ballons portés et du jeu au pied, mais je jouais avec les pros. J'ai ensuite fait plusieurs apparitions avec l'équipe 1 jusqu'à la fin de la saison. Quand tu es jeune, quand tu as une opportunité comme celle-là, tu joues presque ta vie sur le match. Ma copine était avec moi à Grenoble (elle est irlandaise et vit cette année à Dublin). Elle m'a permis de prendre beaucoup de recul pour ne pas me mettre trop la pression. »

 

« Ce match restera gravé »

 

 

James n'est alors qu'un remplaçant de luxe de Valentin Courrent, mais cette saison il prend une autre envergure, notamment après une prestation majuscule au Racing Metro 92. « Ce match restera gravé jusqu'à la fin de ma carrière. J'ai encore mon maillot dans ma chambre, je vais le faire encadrer c'est sûr. Ce match était spécial : il y avait Sexton sur le terrain et O'Gara comme coach au Racing. Beaucoup de personnes en Irlande regardaient ce match car il était diffusé en lever de rideau de Leinster-Munster. Les répercutions ont été énormes pour moi. En un instant j'étais dans la lumière de tout le rugby irlandais. Je crois que dans cette histoire les gens aiment le fait que je sois le gamin qui a été refoulé à la dernière marche du haut niveau, mais qui a su rebondir à l'étranger pour revenir encore plus fort. C'est un peu la revanche du vilain petit canard. L'histoire du mec qui part de loin, qui n'a rien eu de facile et qui à force de travail arrive dans la lumière. Cette histoire me correspond bien, je n’ai jamais été une star, je n'ai jamais été le meilleur de l'équipe, j'ai toujours bossé à fond pour atteindre mes objectifs. Je sais que j'ai encore énormément de travail à faire pour devenir un vrai bon joueur. On a beau avoir toutes les qualités du monde, sans travail, sans mental, on ne peux pas devenir un grand joueur. J'ai vu des jeunes au centre de formation qui avaient un talent fou, mais qui n'ont pas fourni les efforts suffisants pour passer le cap... »

 

James est de ces joueurs qui ont les yeux qui pétillent dès qu'on leur parle de matchs, des amis, de la famille du rugby. Il n'oublie pas d'où il vient ni les gens qui l'ont aidé en en arriver là. « Je dois remercier Luc Chocheyras, ça fait 3 ans que je le considère pratiquement comme mon père. Depuis que je suis arrivé, il s'occupe de moi, m'aide a m'intégrer, à faire mes démarches administratives. Pour moi c'est un très grand monsieur, je lui dois beaucoup. Mais Christian et Jérôme (Rizzi et Vernay) m'ont également beaucoup aidé. Je crois qu'ils se souviendront longtemps de mon insatisfaction permanente et de mon cote ronchon. J'aime beaucoup ce club. Que ce soit du côté pro ou associatif, il y a un lien humain très fort qui ressemble beaucoup à ce que j'ai pu connaître en Irlande. Que les gens soit salariés ou bénévoles ils vivent à fond pour le FCG. Je pense que quand on a vécu ce que j'ai vécu avec ce maillot on est marqué à vie en rouge et bleu. »

 

Ne manquez pas le St. Patrick Game entre le FCG et le Racing Métro 92, le samedi 22 mars à 20h35 au Stade des Alpes

 

Portrait de James Hart à retrouver dans le numéro 13 de « Grenoble, Terre de rugby », le magazine de l’association du FC Grenoble Rugby