David IRAZOQUI, entraîneur des 3/4 et responsable du jeu offensif au FCG, est arrivé cette saison à Grenoble. En ce jour de premier match officiel, face à Aurillac, il a pris le temps de répondre à nos questions.
David, à l’aube de ce premier match. Comment tu te sens à l’approche de ce premier bloc et comment s’est passée ton intégration grenobloise ?
« Je me sens plutôt bien. J’ai surtout hâte d’y être, hâte d’être à ce soir pour voir si tout ce qu’on a mis en place va se concrétiser sur le terrain.
Après les matchs amicaux, on a vu des choses positives, mais là, on va rentrer dans la compétition, avec un état de stress différent et une pression différente aussi. Donc j’ai hâte d’y être et de voir ce que ça va donner.
Mon intégration, franchement, s’est très bien passée. J’ai été agréablement surpris parce que j’avais quelques questionnements par rapport à tout ça. J’étais le seul nouveau dans le staff au final. Jérôme était nouveau aussi, mais il était quand même là depuis six mois. Il fallait donc s’adapter à une nouvelle façon de travailler, un nouveau staff, de nouveaux caractères, de nouvelles personnes… Mais au final, ça s’est super bien passé.
J’avais aussi pas mal de questionnements concernant les joueurs et la façon dont ils allaient m’accueillir. Mais sincèrement, tout se passe super bien. En tout cas, c’est l’impression que j’en ai, même s’il faudrait leur demander à eux ! (Sourire). Tout le monde m’a très bien accueilli.
Maintenant, il me tarde d’être sur le match, d’être dans ce que tout le monde attend. On est tous animés par la compétition et par l’adrénaline qu’elle procure. Et puis on verra les états émotionnels après les 80 minutes du match ! »
C’est un nouveau cycle qui démarre. Qu’est-ce que tu as voulu faire en priorité en arrivant pour véritablement lancer ce nouveau cycle ?
« Ce que j’ai voulu faire en priorité, c’est qu’au-delà du fait de dire que c’était un nouveau cycle, je voulais faire en sorte que, par les actes, ce soit réellement un nouveau cycle.
C’était important pour moi de changer le projet de jeu général de l’équipe et notamment le projet offensif, dont je m’occupe.
Le cycle précédent a été très cohérent dans son ensemble, grâce à un système de jeu que tout le monde connaît dans le monde du rugby et qui a fait ses preuves, puisque tout le monde fonctionnait en 3-2-1-1.
Aujourd’hui, j’ai voulu changer ça pour que les joueurs aient de la nouvelle matière à consommer, de nouvelles codifications à connaître, de nouvelles attentes à mettre en place et de nouveaux comportements attendus.
C’était important pour moi que, par les actes, les contenus d’entraînement et le système de jeu, on sente qu’un véritable nouveau cycle démarre.
C’est aussi un nouveau cycle parce que l’année dernière était une année de fin, en tout cas l’aboutissement d’un cycle avec des résultats positifs. Il fallait donc repartir sur quelque chose de nouveau, avec des joueurs qui se sont tous remis en question et qui sont revenus avec de nouvelles dispositions pour travailler.
Ils ont envie de montrer à tout le monde que le cycle précédent est terminé et que celui qui démarre peut être très positif lui aussi. »
Il y a un groupe de joueurs leaders qui sont davantage en lien avec le staff. Comment avez-vous organisé ce fonctionnement et la communication avec eux ?
« Nous avons choisi de fonctionner avec un groupe de leaders, avec des personnes qui ont chacune un rôle précis dans le leadership.
On a démarré avec cinq leaders et aujourd’hui, on en a six. Ils sont tous représentants de quelque chose. Ils ne sont pas simplement « leaders » : ils sont leaders d’un secteur.
Par exemple, je vais prendre Manuel Leindekar, qui est un nouveau joueur mais qui fait pourtant partie des leaders. Il est le représentant des nouveaux joueurs et des étrangers. Il joue le rôle de trait d’union entre eux et le staff.
Sa mission, quotidiennement ou chaque semaine, est de faire le tour des étrangers pour savoir si tout se passe bien dans leur vie, dans le rugby, s’ils ont des questions sur les projets sportifs ou sur leur vie à Grenoble. Il est là pour filtrer les messages, nous les faire remonter et ensuite faire redescendre nos réponses.
Ils ont tous des rôles comme celui-là.
Romain Fusier a un rôle autour du territoire et de ses valeurs. Il participe à la transmission, parfois inconsciente et naturelle, de ce qu’est le territoire.
Bastien Soury est représentant du cadre de travail. Il intervient sur la qualité des entraînements, le respect du cadre, du travail et des consignes liées aux entraînements.
Ensuite, on a Antonin Berruyer, qui est un leader élu par les joueurs. C’est le seul que l’on a fait élire, lors du stage à La Plagne. Il est le représentant du groupe. Si des demandes émergent du groupe — par exemple, « on aimerait bien avoir un jour off » — c’est lui qui fait le trait d’union avec nous et qui nous présente la demande.
On a également Barnabé Couilloud, qui est le représentant du rugby. Il joue le rôle de trait d’union entre les joueurs et le staff concernant le projet sportif et le projet rugby que l’on met en place. Les joueurs peuvent passer par lui s’ils veulent changer ou améliorer certaines choses, s’ils ont besoin qu’on mette l’accent sur un élément ou si quelque chose n’a pas été très bien compris.
Enfin, à la demande d’Antonin Berruyer, représentant des joueurs, on vient de rajouter Jérémy Toevalu, qui est le représentant des jeunes. Il représente le Centre de Formation et tous les jeunes qui s’entraînent avec nous.
Voilà notre mode de fonctionnement. Aujourd’hui, ils sont leaders, ils sont importants dans la vie de tous les jours, mais ils ont surtout des rôles précis qui leur permettent de savoir ce qu’on attend d’eux et pourquoi ils sont là. »
Parlons du match. Dans quel état d’esprit abordez-vous ce premier match ? Comment s’est passée la semaine ?
« Je vais être transparent : on démarre un nouveau projet et on a changé beaucoup de choses. Il faut du temps pour que les garçons assimilent tout ça et j’espère que le temps que l’on a eu aura été suffisant pour être cohérents et faire un match cohérent ce soir.
Je sens aussi que l’année dernière a eu beaucoup d’impact sur le groupe. Il faut qu’on retrouve de la confiance par le travail.
Ce que je sais aujourd’hui, c’est qu’on a bien travaillé. Normalement, on s’est créé le chemin qu’il fallait pour performer ce soir. J’y arrive donc avec pas mal de confiance et une excitation positive parce que je crois qu’on s’est donné les moyens d’être performants.
Les semaines de préparation ont été dures, intensives. Les joueurs ont travaillé et n’ont jamais lâché. Le résultat de ce soir sera le résultat de ce travail-là. Et puisque le travail a été positif, le résultat de ce soir ne peut être que positif.
Donc j’ai hâte d’y être. Il y a forcément un peu d’interrogation, parce que personnellement je suis animé comme ça, mais aussi parce qu’on a mis en place beaucoup de nouvelles choses et que le projet aura besoin de temps pour se mettre en place.
Mais aujourd’hui, je crois qu’on s’est donné tous les moyens pour performer. Je pense que ce soir, on va vivre une belle fête au Stade des Alpes et un bon moment avec les joueurs. »
Un mot sur Aurillac, votre adversaire du soir, que vous avez déjà rencontré en match amical ?
« Aujourd’hui, plusieurs annoncent Aurillac comme le petit poucet de la division. Une grande partie des managers de Pro D2 les mettent parmi les équipes relégables, et ça depuis des années. Pourtant, ils sont toujours là.
Parce qu’il y a une chose qui est sûre avec cette équipe : elle a des valeurs. Des valeurs fondamentales dans le rugby et fondamentales dans cette division : des valeurs de combat, d’abnégation et d’humilité.
Rien que pour ça, j’ai énormément de respect pour cette équipe.
Je dis souvent qu’elle me permet de poser le baromètre de l’intensité et du combat qu’on est capables de mettre avec notre équipe.
Ce soir, cette confrontation contre Aurillac va nous permettre de savoir si nous sommes capables de mettre beaucoup de combat et d’intensité dans nos matchs de championnat. Ce sera primordial pour performer cette année.
Je suis donc très heureux de démarrer contre cette équipe, pour laquelle j’ai énormément de respect. »
Tu connais déjà le public du Stade des Alpes en Rouge & Bleu, mais jusqu’à présent dans un autre rôle. Tu l’as aussi découvert un peu à Lesdiguières. Qu’attends-tu des supporters cette saison ?
« C’est marrant que tu me poses cette question parce que le souvenir que j’ai du public du Stade des Alpes, c’est un accrochage avec un supporter ! Mais justement, ça montre leur passion.
Si je suis venu dans ce club, c’est aussi parce que c’est un club historique et un club de passionnés. C’est un public qui va pousser derrière son équipe, en étant parfois un peu dur avec l’adversaire — et tant mieux, c’est ce que j’attends d’eux.
Qu’ils poussent au maximum derrière les joueurs, qu’ils poussent pendant 80 minutes, qu’ils soient durs avec l’adversaire et qu’on ne fasse qu’un pour montrer que Grenoble est une équipe dure à jouer, une équipe qui combat beaucoup, qui fait mal à son adversaire, et que le Stade des Alpes est une forteresse. »
Auteur : FCG Rugby