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Sam Davies | l'interview de son retour sur les terrains

Après une longue blessure qui l'aura éloigné loin des terrains pendant toute la saison passée (à l'exception de deux matchs), Sam Davies, demi d'ouverture fait enfin son retour. Pour l'occasion, il a répondu aux questions des journalistes : 

 

Sam, comment te sens-tu à l’aube d’une reprise très attendue par toi et par le public ?  

Quel plaisir d’être de retour ici, avec l’équipe. Revenir et reprendre avec le groupe fait remonter beaucoup d’émotions et de bonnes sensations après ce qui a été une période très difficile.C’est vraiment un plaisir, comme tu l’as dit, d’être simplement ici, entouré de l’équipe. J’espère pouvoir contribuer positivement à la performance demain soir. J’attends ce moment depuis très, très longtemps. Ce n’est évidemment pas une période sur laquelle j’aime revenir, mais si je dois en tirer quelque chose de positif, c’est que j’ai pu passer davantage de temps avec ma fille, qui venait de naître. J’essaie de retenir le positif d’une situation difficile. Le chemin a été long pour revenir là où j’en suis aujourd’hui. Et le chemin est encore loin d’être terminé. Je suis simplement heureux d’être là et très enthousiaste pour la suite.

 

Cette période a été particulièrement difficile pour toi ?

Oui, vraiment. À un moment, je ne pouvais plus marcher pendant peut-être trois semaines. Il a fallu plusieurs semaines avant que l’on découvre précisément ce que j’avais et que l’on identifie une infection à staphylocoque. Cela a probablement été l’une des périodes les plus douloureuses de ma vie. Mais, comme je l’ai dit, j’ai essayé de rester positif et j’ai pu passer beaucoup de temps avec ma fille.

Je pense que le club sait où il veut aller cette saison. C’est un nouveau départ, pas seulement pour moi, mais pour tout le monde. Il y a de nouveaux entraîneurs, une très bonne énergie autour du groupe. Et moi, je veux simplement apporter ma contribution. J’espère pouvoir commencer dès demain.

 

As-tu eu peur que cela puisse signifier la fin de ta carrière ? Est-ce que cette idée t’a traversé l’esprit ?

Peut-être que ça m’a traversé l’esprit, oui, mais je n’ai jamais laissé cette idée prendre le dessus. Aujourd’hui, physiquement, j’ai le sentiment d’être revenu à un niveau similaire à celui où j’étais lorsque je revenais de ma blessure à l’épaule. Tout le staff – Bastien, Romain, Morgan – m’a beaucoup aidé à retrouver une bonne condition physique. Mais oui, il y a probablement eu des moments où je me suis posé la question. Quand tu es hospitalisé pendant deux semaines, que tu perds neuf kilos et que tu n’as pas marché pendant deux semaines, forcément, certaines choses te traversent l’esprit. À ce moment-là, je ne me demandais même pas seulement si c’était la fin du rugby. Je me demandais surtout quand j’allais pouvoir remarcher normalement. Traverser une épreuve comme celle-là t’apprend énormément. Mais aujourd’hui, je suis là, j’ai réussi à revenir et je suis convaincu que mon corps est désormais dans une situation qui me permettra d’apporter encore beaucoup à cette équipe et de l’aider à atteindre son objectif ultime.

 

On comprend que l’hiver a été très difficile pour toi. L’été l’a également été et, forcément, avec ton retour, il peut y avoir beaucoup d’attentes autour de toi.

Je pense que le club a été vraiment très bon avec moi. Ils n’ont jamais essayé de précipiter mon retour. L’idée a toujours été d’attendre que mon corps soit prêt avant de franchir l’étape suivante. Et aujourd’hui, le moment est venu. S’il y a des attentes autour de moi, je pense que je les ai aussi créées avec mes performances passées. Je suis très ambitieux et très optimiste quant à ma capacité à retrouver ce niveau. Mais, comme tu l’as dit, cela prendra peut-être quelques matchs avant que je retrouve complètement le rythme de la compétition. Je ne veux donc pas me mettre trop de pression. Ce que je veux avant tout, c’est que nous gagnions des matchs et que je puisse continuer à apporter quelque chose à l’équipe. C’est vraiment mon objectif aujourd’hui.

 

Demain, lorsque tu seras dans le vestiaire puis juste devant la pelouse avant le match, qu’est-ce que tu penses ressentir ?

De la gratitude.Je sais que je vais être extrêmement reconnaissant d’être là. Quand je repense aux douze derniers mois, cela a été l’une des périodes les plus difficiles de ma vie. Avec les deux blessures, et tout ce que cela a également représenté pour ma femme… Cela a été difficile pour elle aussi.Je suis reconnaissant envers toutes les personnes qui m’ont aidé et qui ont été là pour moi. Je suis également très reconnaissant envers Grenoble. Il n’a jamais été question pour eux de mettre un terme à mon aventure ici. Ils voulaient que je revienne. J’ai donc le sentiment que c’est maintenant à moi de rendre la confiance qu’ils m’ont accordée. La première chose, c’est de prendre du plaisir à jouer au rugby. Mais ensuite, comme je l’ai dit, il faut gagner des matchs. Et c’est de cette manière que je pourrai rendre cette confiance sur le terrain. Demain, avant toute chose, je vais essayer de profiter de chaque instant, comme s’il s’agissait de mon premier match. Parce que, comme je l’ai dit, à un moment donné, je ne savais même pas si j’allais pouvoir rejouer. Pendant quelques semaines, je ne savais même pas quand j’allais pouvoir reprendre une vie normale.Alors aujourd’hui, je suis simplement reconnaissant. Et très heureux de pouvoir commencer cette longue saison qui nous attend.

 

Avant ta blessure, il y avait déjà de la concurrence à ton poste, notamment avec Marc Palmier et Max Clément la saison dernière. Cette saison, il y a de nouveaux joueurs, et même des très jeunes comme Thomas. Est-ce que cela peut aussi t’aider ? Thomas est né en 2006 !

Oui, c’est assez fou ! Il y a de jeunes joueurs qui arrivent, mais c’est le rugby. À une époque, c’était moi le jeune qui arrivait. Maintenant, ce sont les autres ! Mais j’ai encore beaucoup à apporter. Et si leur présence peut me faire me sentir un peu plus jeune, alors tant mieux ! Je pense que mon principal objectif au cours des prochaines semaines sera simplement de retrouver mon rythme, de retrouver mes sensations sur le terrain. Physiquement, dans les contacts, dans la gestion du jeu, mais aussi dans ma capacité à faire jouer les autres autour de moi. J’ai une liste assez claire de choses sur lesquelles je veux travailler. Mais pour l’instant, je vais simplement me concentrer sur demain soir. Tout le reste sera du bonus.