Romain Fusier, Barnabé Couilloud et Jérôme Villegas
Après la défaite frustrante face à Agen à domicile, Romain Fusier, Barnabé Couilloud et Jérôme Villegas sont revenus (à chaud) sur le match en conférence de presse. Découvrez leurs interviews :
Jérome Villegas, coach des avants :
On a eu le sentiment que ça allait basculer de l’autre côté, mais cette fois, ça n’a pas basculé. Quel est ton sentiment à chaud sur ce match qui vous échappe à la fin ?
Je suis un peu dégoûté. Je crois qu’on avait bien bossé, on s’était dit des choses. Il y avait de bonnes choses au début, mais je ne sais pas si on ne s’est pas vus trop beaux trop tôt. Déjà, félicitations à eux. Ils sont venus, ils ont fait tourner leur effectif et ils ont montré qu’ils avaient envie de rattraper leur début de saison difficile. À certains moments, on a vu qu’on pouvait être dangereux, mais on n'a pas su tuer le match. On est indisciplinés, on fait des erreurs, on a des hauts et des bas, on est trop inconsistants. En tant qu’entraîneur des avants, je suis vraiment déçu de la deuxième mi-temps. On domine en mêlée en première période et, même si j’ai parfois des incompréhensions sur la façon d’arbitrer la mêlée en France, ça n’excuse pas tout. On n’a pas été bons en deuxième mi-temps.
On sent que vous êtes tous assez touchés par ce premier revers à la maison.
On est à la maison et on perd, donc je ne vais pas danser sur la table. Je suis quelqu'un de fier et là, j’ai honte. J’ai honte pour les gens qui sont venus voir le match, pour les gens qui croient en nous. Pourtant, les gars bossent. Donc il faut qu’on se remette en question, nous aussi. Moi, je vais me remettre en question et on verra bien.
Ils étaient venus avec une équipe beaucoup remaniée, mais avaient perdu deux matchs. Ils avaient beaucoup de pression, beaucoup d’envie, face à des Grenoblois dont ils n’avaient peut-être tout simplement pas peur. On peut aussi résumer les choses comme ça aujourd’hui ?
On les avait prévenus, mais peut-être pas assez. Un match, déjà, il faut avoir envie de le gagner. Il faut avoir le caractère pour le gagner. Sur le plan des avants, je ne suis pas très content de ce qu’on a amené du banc.
Ça ne concerne pas seulement les avants, mais ce qui a frappé, c’est la difficulté à garder le ballon sur plus de deux temps de jeu, notamment en première mi-temps.
On sort du cadre, on oublie les choses. Et après, on fait un rugby qui a quasiment disparu il n’y a pas longtemps… C’est pénible à voir. Mais on fait partie de ça. Je ne vais pas dire que c’est la faute des joueurs. Nous aussi, on doit se remettre en question en tant qu’entraîneurs et essayer de s’améliorer. La Pro D2 est un championnat difficile et long, donc on a encore le temps de réagir. Mais ça serait bien de réagir vite.
Sur le match de ce soir, il y a eu deux fins de mi-temps qui vous échappent. Vous prenez des points et il y a des erreurs juste avant. Ce sont quand même des moments clés. Est-ce que tu as une explication ?
Déjà, quand on enlève un joueur, ça affaiblit, donc ça n’aide pas. Et puis, on a peut-être des moments où on se relâche et où on s’oublie. Je sais que Lionel avait travaillé cette combinaison en défense et là, on n’a pas réagi. Avec un joueur de moins, ça demandait un peu plus d’efforts. Il y a pas mal de choses qu’on avait travaillées, mais après, on s’oublie un peu.
Sur le dernier carton jaune, avez-vous été tentés de faire sortir un trois-quarts plutôt qu’un avant au moment de faire revenir Giorgi Pertaia ?
Oui, effectivement. Ça, c’est une erreur de ma part, donc je la prends pour moi.
Vous avez beaucoup employé le terme de « reconstruction » en début de saison. Il y a beaucoup de choses qui ont changé et il faut de la patience. Est-ce que ce genre de défaite fait aussi partie du processus d’apprentissage ?
Après, quand tu te fais cabosser en mêlée… Ce n’est pas possible de dominer la semaine dernière, puis d’arriver et de ne pas pouvoir contester en mêlée et de se faire retourner. La mêlée, ça fait depuis l’année dernière qu’on la travaille. La majorité, ce sont les mêmes joueurs. Donc après, il faut avoir du caractère, il faut avoir de l’envie. Je ne vais pas dire des choses que je vais regretter, mais il faut en avoir ou pas. Si on n’en a pas, jouer à un autre sport.
Sur la première ligne, vous avez choisi de coacher assez tard, autour de la 64e ou 65e minute. C’était un choix de votre part ou lié à la physionomie du match ?
On attendait de voir un peu. C’est une première ligne assez solide, qui a de l’expérience. Ils l’ont encore montré ce soir, donc on les a gardés. Après, on attendait, en fonction du jeu, pour faire les remplacements à un moment tactique important. Mais ça n’a pas tourné en notre faveur.
Barnabé Couilloud, demi de mêlée :
C’est une grosse désillusion. Est-ce que cette défaite peut finalement être une petite claque pour repartir ?
J’ai trouvé que c’était vraiment très dur à analyser. Même nous, sur le terrain, on se demandait pourquoi ce match se déroulait comme ça. Il faut qu’on regarde tout ça et qu’on analyse comment on perd ce match. C’est une grosse désillusion, mais ça peut peut-être nous faire du bien pour la suite de la saison.
Est-ce que vous méritiez cette claque ?
Je ne suis pas sûr. On a repris très tôt notre saison. On s’est envoyés, excuse-moi du terme, comme des chiens pendant dix semaines. On a bossé sous une chaleur impitoyable et on aurait aimé se payer sur ce début de saison. Il n’est pas négatif, mais cette défaite à zéro point fait vraiment tache à la maison.
Il y a des secteurs très délicats sur les trente dernières minutes. Sans incriminer personne, la touche a notamment été très difficile. Comment vous l’expliquez ?
Ce ne sont pas des secteurs que je maîtrise personnellement, mais il faudra qu’on regarde pourquoi on a péché dans ce secteur-là à la fin du match. Il ne faut surtout pas leur jeter la pierre. Si on perd le match, je pense qu’on le perd bien avant. J’ai écouté Romain parler de cet essai qu’on prend sur la dernière action de la première mi-temps. Si on rentre au vestiaire à +9 points et qu’on marque en début de deuxième mi-temps, je pense que le match est plié. C’est aussi dans ces moments-là qu’on doit être meilleurs.
Vous avez eu beaucoup de mal à tenir le ballon sur ce match, avec très peu de séquences à plus de deux ou trois temps de jeu. C’est frustrant ?
C’est frustrant parce que ça ne reflète pas l’équipe qu’on a envie d’être. On a envie de jouer et de tenir le ballon. Il y a eu beaucoup de petites fautes de main qui nous ont mis en difficulté. On s’est peut-être aussi un peu trompés sur la gestion du match au début, notamment sur l’occupation et le jeu au pied de pression. On a peut-être trop forcé notre jeu dans notre camp, alors qu’il aurait fallu aller occuper le terrain et tenir le ballon dans leur camp. C’est un match qu’il va falloir revoir pour comprendre pourquoi on n’arrive pas à tenir ce ballon.
Est-ce qu’il faut aussi un peu d’indulgence ? Ce n’est que le début de saison, il reste beaucoup de temps et il y a eu beaucoup de changements.
Bien sûr. Ça a été le discours dans le cercle. La saison est longue, la Pro D2 est un long championnat. Les équipes qui finissent en haut de tableau sont celles qui arrivent à passer l’hiver correctement. C’est à ce moment-là qu’il faudra être les meilleurs et montrer notre caractère. Cette défaite fait tâche à domicile, mais on a la chance de pouvoir réagir dès la semaine prochaine. Je pense que la semaine ne va pas être très marrante, mais on va se préparer pour aller faire un résultat à Nice et réparer un petit peu cette erreur.
Romain Fusier, centre et capitaine
Grosse désillusion de perdre ce match. Vous avez été trop imprécis et avez manqué de continuité pour espérer mieux ?
Oui, c’est sûr. À chaud, je n’ai pas trop les mots. Il faudra regarder le match en détail demain et ce week-end.
Qu’est-ce qui vous a manqué ? Peut-être de la précision, de la constance ?
Ce qui me revient en tête, c’est le début de seconde période, où on reprend le momentum sur un bon point porté. On n’arrive pas à enfoncer le clou. Si, à ce moment-là, on arrive à remettre la main sur le ballon, je pense qu’ils sont morts et qu’ils n’existent plus. On savait qu’on jouait une bête blessée, qui avait pris zéro point en deux matchs et connaissait un début de championnat très compliqué. On n’a pas réussi à les manipuler, à les tourner comme on voulait.Ce soir, c’est un échec, mais la saison est longue. Il reste 27 matchs, donc on ne va pas baisser les bras. Ça fait dix semaines qu’on travaille bien, voire très bien. On repart au boulot dimanche avec un gros match qui nous attend à Nice vendredi soir.
Il y a aussi eu des difficultés défensivement, puisque vous prenez cinq essais, comme lors du premier match face à Aurillac.
Défensivement, je trouvais qu’on avait été bons sur l’homme en début de match. On a mis de bons plaquages, on les a fait reculer. Par contre, dans la connexion défensive entre nous, dans le fait de plaquer ensemble et de défendre collectivement, c’est là qu’on a un peu péché. On sait qu’on a du boulot. On va repartir au travail dimanche pour essayer de remettre ça en ordre.
Vous prenez beaucoup d’essais parce que vous avez aussi du mal à garder le ballon. C’est également une des leçons de ce match ?
On aimerait tenir le ballon et imposer des séquences, c’est ce qu’on cherche. On a de nouveaux plans de jeu, pas mal de nouveaux joueurs et un nouveau staff, donc il faut être un petit peu indulgent sur le début de saison. C’est un point faible : on n’arrive pas à tenir le ballon. On l’a vu sur les deux premiers matchs, on était largement en dessous au niveau de la possession. On travaille dessus et ça va venir. Sur le premier match, on a eu la chance de mettre des essais très rapidement, de franchir très vite la ligne, ce qui est souvent notre point fort. Mais contre des défenses comme ce soir, assez agressives et qui font la bataille dans les rucks, on a du mal à avoir de la constance sur 80 minutes.
Il y a également eu deux cartons jaunes dans la partie. C’est aussi l’un des points à retenir ?
Oui. Moi le premier, je prends un carton jaune sur un plaquage haut. On arrive à marquer à 14, mais on reprend cet essai un peu assassin sur la sirène, sur une connexion défensive comme on en a parlé juste avant. La discipline, c’est un point noir. On n’a pas été assez propres là-dessus et on a manqué de précision dans ce domaine aussi. On prend pas mal de cartons, donc ça va être à nous de corriger ça.
Auteur : FCG Rugby