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Les interviews d'avant-match | FCG - VRDR

Découvrez les interviews d'avant-match d'Antonin Berruyer, Aurélien Callandret et David Irazoqui. 

Interviews réalisées le jeudi 24 septembre. 

Antonin Berruyer

Quel est l’état d’esprit avant ce match contre Valence Romans, qui succède à celui de Nice mais aussi à celui d’Agen ? Vous restez notamment sur une défaite au Stade des Alpes.

L’état d’esprit, c’est de faire un gros match face à une belle équipe, après un revers à domicile, et d’aller chercher des points. On sait qu’en Pro D2, c’est la loi des séries pour monter au classement. Et cette série, il faut qu’elle commence demain. On est prêts à faire un gros match.

Valence Romans n’est que 10e au classement, mais reste sur une très bonne saison l’an dernier. C’est aussi un derby. Est-ce le premier gros rendez-vous de la saison ?

Oui, complètement. Le classement après les cinq ou six premiers matchs ne veut pas forcément dire grand-chose. Ils ont fait un faux pas à domicile, comme nous la semaine dernière. C’est une belle équipe, qu’on respecte beaucoup, et oui, c’est un premier gros test.

Il y a un vrai côté derby, même si l’opposition entre les deux équipes n’est pas historiquement très ancienne ?

Forcément. On commence à créer une vraie rivalité depuis quelques années avec le VRDR. C’est un club qui monte, donc oui, cette notion de derby est bien présente.

Sur quoi le travail a-t-il été axé cette semaine ? La défense, la discipline ?

On avance dans notre saison et il faut qu’on progresse sur beaucoup d’aspects. Certains sont plutôt positifs, d’autres plus négatifs. On travaille donc sur nos points faibles pour les corriger, tout en continuant à accentuer nos points forts.

On reste surtout concentrés sur nous. Bien sûr, il y a aussi de la stratégie par rapport à l’équipe qui arrive en face, mais le plus important reste notre rugby. On a encore une belle marge de progression.

La conquête fait partie des points forts depuis le début de saison, mais la touche a été davantage en difficulté à Nice. Est-ce que cela a constitué l’un des gros axes de travail cette semaine ?

Je pense que notre mauvaise prestation en touche la semaine dernière est uniquement due à nous, les joueurs. On n’a pas été au niveau dans ce secteur. On a donc remis le focus là-dessus et réalisé une belle semaine de travail.

Notre volonté est de montrer que ce n’était qu’un faux pas. On travaille beaucoup la touche et je suis convaincu que demain, face à une équipe également performante dans ce domaine, on montrera un beau visage.

La conquête fonctionne bien parce qu’on a une très grosse mêlée depuis le début de l’année. On va continuer à travailler dessus et, concernant la touche, on veut relever le niveau dès demain.

Vous avez perdu quelques joueurs importants en touche et de nouveaux sont arrivés. Il faut aussi du temps pour créer des automatismes ?

Oui. Il y a un nouveau projet en touche, avec de nouveaux joueurs et de nouvelles responsabilités. Mais on est tous dans le même bateau pour avancer, progresser et devenir une référence en conquête en Pro D2, parce que c’est très important dans notre championnat.

Vous restez sur trois défaites contre Valence Romans. Pour toi qui fais partie des anciens et des locaux de l’équipe, est-ce une série que tu as encore en tête ?

Forcément. Cette série ne me plaît pas du tout, elle ne plaît pas à l’équipe et elle ne plaît pas au club. On sait ce qu’on a à faire demain face à une belle équipe.

C’est un club qui monte en puissance. À nous d’élever notre niveau, de passer au-dessus demain, de gagner ce match et de redevenir maîtres à domicile.

Même si nous ne sommes qu’en début de saison, est-ce important de rester devant eux au classement et de réaffirmer une certaine hiérarchie régionale ?

Forcément. Il y a beaucoup de clubs dans la région avec Valence Romans et Oyonnax. Cette hiérarchie régionale est importante pour tous les clubs, y compris pour Grenoble.

Si on peut gagner demain et les laisser derrière nous au classement, c’est un objectif supplémentaire. Mais on se concentre d’abord sur ce qu’on va mettre en place sur le terrain. Le classement, on le regardera à la fin du match.

 

Aurélien Callandret

Comment s’est passée la semaine ? Êtes-vous revenus entre vous sur le match de Nice ou tout avait-il déjà été réglé à la sortie du vestiaire ?

Beaucoup de choses ont déjà été dites à la mi-temps. On en a reparlé rapidement à la fin du match et on a fait deux ou trois retours constructifs dans la semaine. Ensuite, on est vite passés à Valence Romans.

On parle beaucoup de conquête et d’engagement. Est-ce qu’il y a un équilibre à trouver entre cette volonté de mettre beaucoup d’intensité et les fautes commises lorsqu’il y en a parfois trop ?

Tout le monde a envie de donner le meilleur de soi-même. La faute fait partie du jeu, mais, comme on l’a dit après Nice et après Agen, on est trop indisciplinés.

On veut parfois mettre trop d’envie, trop d’agressivité. Il faut réussir à canaliser tout ça et à envoyer cette agressivité correctement. Il faut trouver cet équilibre.

Quand on arrive autour de 20 fautes par match et qu’on prend plusieurs cartons jaunes, ça commence forcément à devenir compliqué.

La discipline a-t-elle été l’un des principaux axes de travail cette semaine ?

Oui, clairement. Adrien est venu cette semaine et nous a montré toutes les fautes commises à Nice, avec également un rappel de celles contre Agen.

Ça fait plusieurs matchs qu’on fait de plus en plus de fautes, donc la discipline a été un gros point de la semaine. On en parle tous les jours.

Et ce n’est pas seulement une question d’avants ou de trois-quarts. Derrière aussi, quand on voit nos avants légèrement hors-jeu, il faut être capables de communiquer avec eux et de leur demander de reculer. C’est à nous tous de faciliter le travail.

Quel regard portes-tu sur Valence Romans, qui compte pour l’instant une victoire et trois défaites, mais qui a affronté plusieurs grosses équipes ?

Je trouve que c’est une très bonne équipe, qui joue bien son rugby et qui sort d’une belle saison l’année dernière. Le manager a changé, mais je pense qu’ils seront un peu dans le même état d’esprit que nous la semaine dernière : celui d’une bête blessée après une défaite à domicile.

Ils vont venir chercher des points à l’extérieur et il faudra être méfiants, parce que c’est une position dangereuse.

C’était aussi la configuration contre Agen : vous aviez longtemps mené sans réussir à tuer le match.

On n’a pas su tuer le match. Il y a eu trop de fautes, trop d’imprécisions collectives et individuelles. C’est ce qui leur a permis de revenir devant.

Ils avaient aussi apporté beaucoup d’énergie avec leur banc. Il faudra donc rester concentrés jusqu’au bout, surtout pour ce dernier match avant la coupure, afin de partir avec un bon état d’esprit.

Après quatre matchs, on sent rarement le groupe totalement satisfait de sa prestation, même après une victoire. Est-ce que vous attendez encore ce match vraiment complet ?

Comment pourrait-on être totalement satisfaits ? On a joué quatre matchs et il n’y en a aucun où l’on a vraiment été performants de la première à la 80e minute.

Forcément, on n’est pas satisfaits de nous-mêmes parce qu’on sait qu’on peut faire mieux et aller plus loin. Mais il faut aussi laisser le temps à la mayonnaise de prendre, que nos repères se mettent en place et que tout le monde soit aligné.

Ce groupe, qui a beaucoup évolué, a-t-il besoin d’un match référence ?

Quand on fait une grande saison, on a toujours des matchs références. Il nous en faut un pour pouvoir nous appuyer dessus et nous dire : « Voilà, ça, on sait le faire, on l’a déjà fait. »

Il faut qu’on réussisse à le faire. Et si c’était maintenant, ce serait très bien pour le groupe.

Toi qui es passé par Bayonne et qui connais un peu le Pays basque, qu’est-ce que tu retrouves chez David dans ce caractère assez fort ?

Il fallait être présent à la mi-temps de Nice-Grenoble… Vous auriez compris ! Les vestiaires ont tremblé.

 

David Irazoqui

Comment s’est passée la semaine après ce déplacement à Nice ? On avait bien senti après le match que tu n’étais pas satisfait.

Je n’étais pas mécontent du contenu, mais plutôt de notre attitude, qui est pour moi indispensable dans ce sport. Le contenu n’est finalement que le résultat de l’investissement qu’on met et, sur la première mi-temps, on n’avait pas mis cet investissement.

Concernant la semaine, les joueurs ont eu la chance de ne reprendre que lundi. Ça a été une semaine assez courte et assez émotionnelle. On a notamment vécu un moment compliqué avec la perte de Guin lundi, qui était notre jour de reprise de l’entraînement.

On sait aussi qu’on prépare un match important, un derby. Il y avait donc pas mal d’émotions qui s’entremêlaient. Mais on s’est construits là-dedans et je pense qu’on est prêts pour vendredi.

Pourquoi avoir raccourci la semaine ? L’objectif était-il notamment d’apporter davantage de fraîcheur au groupe ?

On a des engagements avec les joueurs. Dans notre deal, notre première victoire à l’extérieur devait être suivie d’un week-end libre. On a tenu notre engagement.

Et finalement, ça tombait plutôt bien puisque nous arrivons au cinquième match d’affilée. On sait que, dans ces phases-là, il faut réduire un peu la charge de travail. Enlever le dimanche nous a permis de gérer cela et d’avoir de la fraîcheur et de l’énergie pour demain.

Tu parles beaucoup d’émotions. Est-ce finalement l’un des principaux éléments à gérer sur le terrain, notamment au regard du nombre de fautes et de l’indiscipline ?

C’est une question particulière parce que, personnellement, je fais du rugby pour vivre des émotions. Aujourd’hui, on a parfois du mal à les maîtriser : elles sont très hautes ou très basses.

C’est un point sur lequel il faut travailler. On reste un groupe jeune, aussi bien en âge que dans l’expérience collective et le temps passé ensemble. Chaque jour, on est en train de se construire.

C’est en étant confrontés à ces moments difficiles émotionnellement qu’on peut en tirer des leçons et devenir plus forts. J’espère que demain soir, on montrera à tout le monde qu’on grandit et qu’on est en train de devenir une équipe cohérente, capable de tenir un match pendant 80 minutes.

L’enjeu est donc de parvenir à maintenir cette intensité pendant 80 minutes ?

Bien sûr. À part à Nice, on a toujours répondu présents sur nos débuts de match et dans l’intensité. Maintenant, il faut réussir à tenir pendant 80 minutes.

Il faut parvenir à réguler ces fluctuations émotionnelles pour gérer le match de la 1re à la 80e minute. Mais demain, c’est aussi un derby, et un derby est forcément rempli d’émotions. Il faudra savoir les maîtriser et les utiliser pour produire un match cohérent.

Vous vous retrouvez dans une configuration similaire au match contre Agen : vous recevez une équipe qui vient de perdre à domicile. Tout le monde sait donc à quoi s’attendre.

Nous, on se concentre beaucoup sur nous-mêmes. On sort quand même d’une victoire à l’extérieur, ce qui n’est pas anodin, avec un match qu’on est allés chercher sur la dernière action.

On sait surtout qu’on a déjà fait un faux pas ici. Il est important pour l’équipe, le club et tous les supporters que demain soir, on réalise un match cohérent et qu’on aille chercher une victoire.

Le derby arrive, tant mieux. Tout le monde a envie de jouer ce genre de match. J’espère qu’on vivra une belle fête et qu’à la fin, tout le FCG et Grenoble dans son ensemble auront les bras levés.

Ce sera ton premier derby avec le FCG en tant qu’entraîneur. Comment l’abordes-tu personnellement ?

Je suis un peu né dans les derbys. Chez nous, au Pays basque, on en vit régulièrement et j’ai grandi avec le derby Biarritz-Bayonne.

Ce sont des matchs qui m’animent et il me tarde de vivre celui de demain. Ce sont toujours des rencontres particulières, passionnées, et c’est ce qui est important dans le sport : la passion.

Grenoble est un club de passionnés. J’espère que demain, on fera honneur à nos supporters et au travail qu’on mène depuis quelques mois.

Cela ne fait pas encore très longtemps que tu es dans la région. As-tu déjà pu percevoir ce que représente ce derby ici ?

On ne m’en a pas spécialement parlé directement, mais j’ai regardé le match de l’année dernière au Stade des Alpes. J’ai donc vite compris l’émotion que cette rencontre pouvait générer, dans la victoire comme dans la défaite.

J’espère vivre l’inverse cette année, que notre émotion dans la victoire soit maximale et qu’on puisse en profiter pleinement.

Concernant la composition, il y a une certaine continuité tout en injectant un peu de sang frais dans certaines lignes. Quelle a été la logique avec Jérôme ?

La logique est toujours la même : mettre les meilleurs sur le terrain.

On aimerait avoir un peu plus de continuité, mais il y a des aléas et certains joueurs ont de petits pépins. Aujourd’hui, l’équipe qu’on aligne est celle qui le mérite et celle que l’on estime la plus performante.

Une équipe, ce n’est pas 15 joueurs, c’est 23. Et au-delà des 23, c’est même un groupe de 30. Je crois qu’on a ce week-end un XV de départ et un banc cohérents pour aller chercher la victoire.